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La lune blanche (musique de P. PertuiT - Poème de P. Verlaine)
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LA LUNE BLANCHE
La lune blanche
Luit dans les bois ;
De chaque branche
Part une voix
Sous la ramée…
Luit dans les bois ;
De chaque branche
Part une voix
Sous la ramée…
Ô bien-aimée.
L’étang reflète,
Profond miroir,
La silhouette
Du saule noir
Où le vent pleure…
Profond miroir,
La silhouette
Du saule noir
Où le vent pleure…
Rêvons, c’est l’heure.
Un vaste et tendre
Apaisement
Semble descendre
Du firmament
Que l’astre irise…
Apaisement
Semble descendre
Du firmament
Que l’astre irise…
C’est l’heure exquise.
Paul Verlaine, La Bonne Chanson
Mon pays était beau (cover)
Aubépine (Patrice Pertuis - Pièce N°15)
Composition : Patrice Pertuis - Pièce N°15
Interprète : Christine
Aubépine
Aubépine, tes épines accrochent sur leur passage
Les animaux sauvages, et mêmes les plus sages.
Et tes fleurs, et tes fruits, attirent à la compagnie
Les oiseaux, les abeilles, les bourdons et les reines.
Tu est la rose des champs jolis,
Belle et fragile et hostile à la fois.
Aubépine, tes épines ne te rendent pas méchante,
Mais encore plus charmante, mais encore plus charmante...
Aubépine, tes épines ne te rendent pas méchante,
Mais encore plus charmante, mais encore plus charmante...
La dernière feuille (Patrice Pertuit)
Musique : Patrice Pertuit
Poésie : Théophile Gautier
Interprète : Christine
La dernière feuille
Dans la forêt chauve et rouillée
Il ne reste plus au rameau
Qu'une pauvre feuille oubliée,
Rien qu'une feuille et qu'un oiseau
Il ne reste plus dans mon âme
Qu'un seul amour pour y chanter,
Mais le vent d'automne qui brame
Ne permet pas de l'écouter.
L'oiseau s'en va, la feuille tombe,
L'amour s'éteint, car c'est l'hiver.
Petit oiseau, viens sur ma tombe
Chanter, quand l'arbre sera vert !
(Théophile Gautier)
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Français - Lecture: 40 - La nature (Victor Hugo) poésie: La nature Tout est lumière, tout est joie. L'araignée au pied diligent Attache aux tulipes de soie Ses rondes d...
Morale - Le pouvoir de l'éducation
Le pouvoir de l'éducation
Lycurgus prit un jour deux chiens nés de même père et de même mère. Il les éleva diversement et leur donna des habitudes contraires.
Un jour que les Lacédémoniens étaient réunis sur la place publique, Lycurgus leur dit :
"Vous ne vous préoccupez pas assez de bien élever vos enfants ; vous ne savez donc pas ce que peut l'éducation pour modifier les caractères ?".
Et il fit conduire devant l'assemblée les deux chiens, en même temps qu'il faisait apporter un plat de soupe et un lièvre vivant.
L'un des chiens se jeta avidement sur la soupe ; l'autre courut après le lièvre.
Lycurgue, s'apercevant que les Lacédémoniens ne voyaient pas où il voulait en venir, leur tint ce langage :
"Ces deux chiens avaient même origine, même nature, étant nés de même père et de même mère ; mais ayant été élevés diversement, l'un est devenu gourmand et l'autre chasseur."
Les deux abeilles (P.M. Curtis) - Fable
Louis Fairfax Muckley
Les deux abeilles
Une abeille se reposait dans le calice d’une
fleur. Pendant son sommeil, une de ses voisines
vient le troubler :
« Ma sœur, lui dit-elle,
pourquoi, perdez-vous un temps si précieux ?
Ignorez-vous que notre premier devoir est le
travail.
– Moi? répartit l’abeille encore tout
endormie, je ne fais qu’obéir au besoin de la
nature. »
L’abeille ouvrière, peu satisfaite de ce
langage, quitte notre paresseuse pour se livrer à
sa besogne ordinaire. Celle-ci, après un long
repos, pressée par la faim, vole près de l’abeille
industrieuse pour lui demander quelques
provisions ; mais cette dernière lui répond :
« Allez, ma mie, qui dort dîne. »
Rarement, le paresseux trouve secours et protection.
P.M. Curtis
(Fables à mes enfants)
Au clair de lune (Paul Verlaine)
Au clair de lune
La lune blanche
Luit dans les bois ;
De chaque branche
Part une voix
Sous la ramée...
L'étang reflète,
Profond miroir,
La silhouette
Du saule noir
Où le vent pleure....
Paul Verlaine
L'orange
L'orange
Un jeune enfant mordait dans une orange ;
"Oh ! s'écria-t-il en courroux,
Le maudit fruit ! Se peut-il qu'on le mange !
Il est amer ! On le disait si doux !
- Faux jugement, lui répondit son père :
Otez cette écorce légère,
Vous reviendrez de votre erreur."
Ne jugeons pas toujours sur un dehors trompeur.
Les petits canards (Rosemonde Gérard)
Les petits canards
Ils vont, les petits canards,
Tout au bord de la rivière,
Comme de bons campagnards.
Barboteurs et frétillards,
Heureux de trouver l’eau claire,
Ils vont, les petits canards.
Dans l’eau pleine de têtards
Où tremble une aile légère,
Il vont les petits canards,
Marchant par groupes épars
D’une allure régulière,
Comme de bons campagnards.
Rosemonde Gérard
La châtaigne (V. Arnaud)
La châtaigne
"Que l'étude est chose maussade !
A quoi sert de travailler ?"
Disait, et non pas sans bâiller,
Un enfant que menait son maître en promenade.
Que répondait l'abbé ? Rien. L'enfant sous ses pas
Rencontre cependant une cosse fermée,
Et de dards menaçants de toute part armée.
Pour la prendre il étend le bras.
"Mon pauvre enfant, n'y touchez pas !
- Eh ! pourquoi ? - Voyez-vous mainte épine cruelle
Toute prête à punir vos doigts trop imprudents ?
- Un fruit exquis, monsieur, est caché là-dedans.
-Sans se piquer peut-on l'en tirer ? - Bagatelle !
Vous voulez rire, je le crois.
Pour profiter d'une aussi belle aubaine,
On peut bien prendre un peu de peine
Et se faire piquer les doigts.
- Oui, mon fils : mais, de plus, que cela vous enseigne
A vaincre les petits dégoûts
Qu'à présent l'étude a pour vous :
Ces épines aussi cachent une châtaigne.".
V. Arnaud
La table d'école (O. Aubert)
La table d’école
Menuisier, tu vas travailler,
Que cherches-tu dans l’atelier ?
Tu viens de retrousser ta manche.
- Je cherche une solide planche
Menuisier, sur ton établi
C’est du bon bois, du bois poli
Que tu places avec adresse.
- Je me hâte, car le temps presse.
Menuisier, que ton bras est prompt !
La sueur coule de ton front,
Sous ton rabot le copeau vole.
- Je fais une table d’école.
Menuisier, ton travail est beau
Et plein d’un courage nouveau,
Tous les écoliers du village,
Feront honneur à ton ouvrage.
O. Aubert
Le coin du grand-père (Louis Tournier)
Paul Cézanne
Le coin du grand-père
Ce coin, près du foyer, c’est le coin du grand-père :
C’est là, je m’en souviens, qu’il aimait à s’asseoir,
Les pieds sur les chenets, dans sa vieille bergère ;
Là qu’il lisait le jour et sommeillait le soir.
Je crois le voir encor. Sa tête, couronnée
De beaux cheveux blanchis par l’âge et le chagrin,
Se penchait en avant, doucement inclinée ;
Son visage était grave à la fois et serein.
Son coeur était ouvert à tous. On pouvait lire
Le calme sur son front, la bonté dans ses yeux ;
Et lorsque sur sa bouche il passait un sourire,
On croyait voir briller comme un rayon des cieux.
Louis Tournier
La hache volée (Lie Zi)
La hache volée
Un paysan ne retrouvait plus sa hache. L’idée lui vint que le fils du voisin la lui avait volée.
Il observa le suspect. Le garçon avait la mine d’un voleur, la démarche d’un voleur, le rire et la façon de parler d’un voleur.
Le lendemain, en allant labourer ses champs, l’homme retrouva sa cognée, oubliée par lui dans un bosquet.
Lorsqu’il revit le fils du voisin, le garçon avait la mine d’un gamin de son âge. Il marchait, riait et parlait comme n’importe quel gamin du village.
Fabliau attribué à Lie Zi
L'Ane (J. Delille)
L’Ane
Moins vif, moins valeureux, moins beau que le cheval,
L’âne est son suppléant et non pas son rival ;
Il laisse au fier coursier sa superbe encolure,
Et son riche harnais, et sa brillante allure.
Instruit par un lourdaud, conduit par le bâton
Sa parure est un bât, son régal un chardon.
Pour lui Mars n’ouvre point sa glorieuse école(1) ;
Il n’est point conquérant, mais il est agricole ;
Enfant, il a sa grâce et ses folâtres jeux ;
Jeune, il est patient, robuste et courageux,
Et paye en les servant avec persévérance,
Chez ses patrons ingrats sa triste vétérance.
Son service zélé n’est jamais suspendu ;
Porteur laborieux, pourvoyeur assidu,
Entre ses deux paniers de pesanteur égale,
Chez le riche bourgeois, chez la veuve frugale,
Il vient, les reins courbés et les flancs amaigris,
Souvent à jeun lui-même alimenter Paris.
Quelquefois, consolé par une chance heureuse,
Il sert de Bucéphale(2) à la beauté peureuse ;
Et sa compagne enfin va dans chaque cité
Porter aux teints flétris les fleurs de la santé(3).
Il marche sans broncher au bord du précipice ;
Reconnaît son chemin, son maître et son hospice :
De tous nos serviteurs c’est le moins exigeant ;
Il naît, vieillait et meurt sous le chaume indigent ;
Aux injustes rigueurs dont sa fierté s’indigne
Son malheur patient noblement se résigne.
Enfin, quoique son aigre et déchirante voix
De sa rauque allégresse importune les bois,
Qu’il offense à la fois et les yeux et l’oreille,
Que le châtiment seul en marchant le réveille,
Qu’il soit hargneux, revêche et désobéissant,
A force de malheur l’âne est intéressant ;
Aussi le préjugé vainement le maltraite,
En dépit de l’orgueil il aura son poète.
Homère qui chanta tant de héros divers
Auprès du grand Ajax(4) le plaça dans ses vers,
La fable le nomma le coursier de Silène.
Ami des voluptés, il naquit pour la peine.
Et moi qui déplorais le sort des animaux,
J’ai dû peindre ses moeurs, ses bienfaits et ses maux.
J. Delille
(1) L’école de Mars, c’est-à-dire les exerciez de la guerre.
(2) Bucéphale, cheval célèbre d’Alexandre-le-Grand, roi de Macédoine.
(3) Le lait d’ânesse est employé et reconnu pour ses vertus dans le domaine de la beauté et de la santé.
(4) Ajax, l’un des héros de la guerre de Troie.
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