La pie et la domestique (.P.M. Curtil)







La pie et la domestique


Une pie, aussi vaine que babillarde, était continuellement tourmentée par une domestique acariâtre. Celle-ci, au lieu de réprimer ses mauvais penchants, les fortifiait, en lui apprenant à parler un langage injurieux. La pie, naturellement voleuse, pour mettre à profit les leçons de son institutrice, et se venger d'elle, dérobe à ses maîtres un objet précieux et le cache. Aussitôt ceux-ci accusent leur domestique d'être l'auteur de ce larcin, et la chassent honteusement de leur maison.

Les maux qui nous accablent proviennent souvent d'une mauvaise éducation.





P.M. Curtil (Fables à mes enfants)

Le rossignol de muraille (André Theuriet)









Le rossignol de muraille



Sur la ronce et la broussaille
Le rossigno de muraille
Fait son nid,
Au porche d'une masure,
Dans un trou de l'embrasure
De granit.

Sur la toiture écroulée
Où jaunit la giroflée,
Sa chanson
Vers les saules du rivage
Monte avec l'odeur sauvage
Du buisson.

Craignant l'homme et sa traîtrise,
Il vous fuit et vous méprise,
Oiseleurs,
Dans la sûre quiétude
De sa verte solitude
Tout en fleurs.





Les mésanges (André Theuriet)










Les mésanges



Construisons un nid. Avril qui fleuronne
Couvre de bourgeons l'arbre et l'arbrisseau.
Entre les brins verts d'un saule marceau,
Mêlons les brins d'herbe au duvet, mignonne ;

Car tes frêles oeufs, chère compagnonne,
Veulent pour éclore un douillet berceau.
Moi, j'apporterai mouche et vermisseau
Dans le nid qu'un fin tissu capitonne ;

Toi, tu couveras. Sous la mousse en fleur
Nos enfants naîtront, grâce à la chaleur
De ton aile blanche à bordure noire.

Vienne octobre avec ses sorbiers rougis,
Et nous serons quinze ou seize au logis.
Pour chanter en choeur l'automne et sa gloire.